Le Mammouth Manchois Enervé ( mammouth50@voila.fr )
Les personnels de l'Education Nationale de la Manche ( et les autres citoyens) en lutte contre les projets Raffarin/Fillon et leurs amis du MEDEF
   

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Publié le mercredi 1 septembre 2004

Mercredi 1 septembre 2004
Régularisation des scolaires sans papiers

31 août, veille du 1er septembre, prérentrée des enseignants.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont transmis leur signature sur educationsansfrontieres@free.fr

Parmi les nouvelles signatures enregistrées pendant les vacances, celles de la FCPE, du SGEN-CFDT, de l'UNSA-Education.

Le courrier du SNES , la presse syndicale CGT et celle de Sud-Educ qui seront dans les lycées et collèges demain reproduisent l'Appel à la régularisation des scolaires sans papiers. D'autres l'ont peut-être fait aussi mais ne nous ont pas prévenus. Reproduire ? Afficher ?

Le Monde daté du 1er septembre publie une tribune signée de trois enseignants de Jean-Jaurès à Châtenay-Malabry sur la régularisation de leurs élèves (reproduite ci-dessous). C'est très bien : on peut espérer que le journal sera dans beaucoup de salles de profs demain.

Espérons que tout cela incitera certains d'entre eux à prendre la parole en AG de prérentrée pour demander que, dans chaque classe, un prof annonce que les élèves qui ont des difficultés de papiers peuvent se faire connaître. Il serait intéressant que ceux des collègues qui seront intervenus et qui auront eu des réactions le fassent savoir, s'il y a des réactions.

Réunion (de travail) du réseau Educ sans F jeudi 2 sept à 18h30 à Paris. Demander le lieu si vous souhaitez venir. On fera un compte-rendu.

Bonne rentrée à tout le monde. Et à bientôt.

Références de l'article du Monde :

Le dénuement des enfants sans papiers,

par Richard Moyon, Armelle Gardien et Fatiha Al Audat

LE MONDE | 31.08.04  ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 01.09.04 ( Mis en ligne sur le mammouth le mercredi 1er septembre)

"Il est inconcevable d'imaginer ces élèves menottés et scotchés à leurs sièges d'avion pendant que leurs camarades étudieraient Eluard ou Du Bellay."


Par Mammouth Déchaîné • 2004-09-01 11:34:54
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Mercredi 1 septembre 2004
Lecture de rentrée

Plaidoyers pour l’immigration

 

Si l’immigration a fait couler d’encre aucun livre n’avait jusqu’à présent été écrit en faveur de l’ouverture des frontières. C’est le sens du livre de Bernard Girard que publient les éditions Les Points sur les i.

 

Cet ouvrage renouvelle complètement la réflexion sur ce sujet sensible. Il regroupe un texte écrit il y a une quinzaine d’années, dont des extraits ont depuis circulé dans des revues et sur internet, et une série d’entretiens qui présentent, dans un langage accessible, les thèses les plus récentes des économistes sur le sujet.

 

La suite sur  http://www.i-editions.com


Par Mammouth Déchaîné • 2004-09-01 02:38:24
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Mercredi 1 septembre 2004
Resistances Caen : demandez le programme
Bonjour,
après cet été pas si reposant que cela, la lutte, qui n'avait pas réellement cessée, reprend du service!

*Samedi 4 septembre 2004: rassemblement de 14h à 18h place Bouchard pour la journée internationale de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim. Un jeûne symbolique sera organisé, vous pouvez donc venir avec vos sacs de couchage afin de vous allonger symboliquement sur la place. Ci-dessous, le texte d'appel, le document intégral est disponible sur le site

Depuis le 15 août, les prisonniers politiques palestiniens sont en grève de la faim illimitée. A l’appel de leurs familles, une mobilisation internationale de grande ampleur est prévue le samedi 4 septembre, à l'occasion de la journée de solidarité internationale avec les prisonniers politiques palestiniens. Nous devons nous inscrire dans cette dynamique. Le soutien aux  prisonniers palestiniens doit être la priorité de l'heure dans tous les réseaux de solidarité avec la Palestine.

A l’initiative de RESISTANCES, de la CAMPAGNE CIVILE INTERNATIONALE POUR LA PROTECTION DU PEUPLE PALESTINIEN (CCIPPP) et de TRAIT D’UNION, nous vous appelons à manifester massivement votre solidarité avec les prisonniers palestiniens et votre dénonciation des conditions de cette détention barbare. Appelez tous vos contacts. Dites-leur de passer ne serait-ce que 5 minutes Place Bouchard pour s’informer et informer autour d’eux sur un drame qui est en train de se produire sous nos yeux. Le gouvernement israélien déclare publiquement s’inspirer de la fermeté de M. THATCHER vis-à-vis des prisonniers irlandais de l’IRA. On se souvient des dégâts.

Apportez votre duvet si vous souhaitez participer au jeûne symbolique qui aura lieu sous un chapiteau dressé sur place. Fabriquez des pancartes de soutien. Vous pouvez vous tenir informés et télécharger des pétitions, des photos et autre matériel sur les sites de solidarité avec la Palestine (solidarite-palestine.org, paixjusteauproche-orient.asso.fr, protection-palestine.org, …)

Noëlle, une camarade de la mission syndicaliste actuellement à Ramallah a écrit : "Un chapiteau a été dressé dans chaque ville où les familles et leurs soutiens tiennent conférence toute la journée, répondent aux journalistes. Aujourd'hui Israël a annoncé que le sel était supprimé aux prisonniers, qui ne boivent que de l'eau salée...Hier, les autorités criaient partout qu'elles laisseraient les prisonniers mourir de faim. Des manifestations sont prévues chaque jour en Palestine...".

Une première victime, une femme gréviste par solidarité de 55 ans, est décédée hier à Naplouse.

La réunion unitaire qui a eu lieu le 20 août à Paris et qui a réuni près de 70 personnes est un événement significatif, exceptionnel pour une réunion convoquée en urgence en plein mois d'août. Plus de 40 organisations étaient présentes (syndicats, associations, partis, etc...). A Paris, un jeûne tournant a commencé dimanche matin à 10h sous une tente place Saint-Michel. A Lyon Vénissieux, le 28 août. A Saint Etienne et à Rouen, elle est annoncée pour le 3 septembre. Samedi 21, une première manifestation s'est tenue à 18h à la Fontaine des Innocents. Une autre est prévue Samedi 4 septembre entre République et Bastille. Partout en France, des actions sont prévues ce jour-là.

http://www.resistances-caen.org


Par Mammouth Déchaîné • 2004-09-01 02:33:44
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Mercredi 1 septembre 2004
On envoie au Mammouth : pétition à lire et signer sur www.educatio-calamitatum.org
Educatio calamitatum

En 1945, la France ruinée par 6 ans de guerre, 4 ans d'occupation, se dotait de tout un système de solidarité nationale qui n'avait jamais vu son pareil dans l'histoire. Alors que la situation économique est aujourd'hui bien plus brillante, la retraite disparaît, la sécurité sociale est en plein démantèlement, et pour des raisons toutes « libérales » liées aux AGCS et au processus de Bologne, on entend sabrer ce qui peut déterminer notre avenir : l'éducation. Alors que « La recherche » publique a obtenu un sursis (avant liquidation ?) l'année dernière, alors que deux mouvements ont secoué les étudiants à l'automne et au printemps, respectivement sur les questions des LMD et la disparition des postes au concours, le monde de l'éducation est sur le point d'imploser car dans l'impossibilité de remplir ses fonctions les plus élémentaires. Les années précédentes ont été marquées par des réductions budgétaires, et surtout humaines dont on ne pourra manquer l'impact dans quelque temps.

La disparition du statut de surveillantEs et des Aides Educateurs, remplacés partiellement par des Assistants d'Education qui n'ont pas pour obligation d'être des étudiantEs. Cette disparition de statut se ressent dans les écoles, les lycées, mais surtout dans les universités où 51% des étudiantEs sont salariéEs au cours de l'année universitaire pour palier l'insuffisance ou l'absence d'aides sociales. Une bonne partie d'entre eux devront se tourner vers d'autres « jobs » moins « conciliants » avec les études que le travail de surveillant. La disparition de 4700 postes au concours l'année précédente, suivi de 7000 postes cette année et d'une cinquantaine de concours. Tout cela sous couvert de démographie alors que les besoins sont criants dans tous les secteurs de l'éducations. La mise en place du LMD dans les ¾ des universités françaises à la rentrée, réforme passée aux forceps, ne fera qu'accentuer les inégalités en instaurant des diplômes régionaux, concurrents, individualisés « grâce » aux annexes descriptives et à la suppression du cadre national des diplômes. Les LMD signent ainsi la mort des conventions collectives, qui déterminaient le poste et le salaire en fonction du diplôme. La hausse des frais d'inscription à l'université qui va jusqu'à 35% pour les mastères, instaure une sélection sociale visible. Le coût de l'inscription est dépendant du diplôme suivi, plus le niveau du diplôme augmente, plus les frais sont importants.

Nous constatons donc que les promesses faites par le gouvernement à la Recherche ne sont pas tenues, qu'il manque aux universités pour leur bon fonctionnement en rapport aux propres critères du ministère plus de 13000 enseignants-chercheurs et des milliers de personnels techniques, qu'on veut faire faire aux enseignants des tâches qui n'ont rien à voir avec l'enseignement afin de faire des économies de postes, que dans le secondaire, ce sont les filières techniques les plus touchées alors qu'on gave les universités de licences professionnalisantes douteuses pour stopper la soi-disant responsabilité de l'université vis à vis du chômage. Nous constatons que des filières disparaissent de l'enseignement, pour non-rentabilité ou plus simplement pour redevenir l'exclusivité d'une élite, qu'étudier n'est plus un droit mais devient jour après jour un privilège, avec 100 000 étudiantEs qui vivent sous le seuil de pauvreté et, selon l'INSEE, plus de 40 000 qui se prostituent pour financer cette « chance », que les diplômes sont individualisés par les LMD qui remettent en cause tous les fondements du droit du travail, que l'avenir devient incertain pour beaucoup, du simple fait de la réduction drastique des postes aux concours d'enseignements ou du fait de la réforme des retraites, pour ceux et celles qui sont en place et qui ne seront pas remplacéEs.

L'éducation tend à redevenir ce qu'elle n'a jamais vraiment cessé d'être, celle des héritiers, d'une élite savante face à un peuple ignorant. 5% de la population avec le bac en 1900, mais que veut dire le bac aujourd'hui ? Qu'est ce qu'une société sans éducation pour tous et toutes ? C'est une société sans esprits critiques, c'est une société où l'obscurantisme est roi, mais non plus au service d'un Dieu, mais du capital tout puissant.

Nous sommes tous et toutes liéEs à cette idée d'éducation, car nous avons tous et toutes quelque chose à apprendre, à faire comprendre, à passer ou à faire passer, et ce tout au long de notre vie. Mais aussi parce que le monde de l'éducation n'est pas un monde clos, il détermine dans une grande mesure les réalités du « monde du travail ». Loin des revendications catégorielles, nous sommes donc tous et toutes concernéEs à plus d'un titre, étudiants, enseignants, chercheurs, personnels, elèves, retraités, parents d'élèves, salariés, chômeurs avec ou sans diplômes. C'est en cela qu'il faut nous mobiliser, dès maintenant !

signez sur
http://www.educatio-calamitatum.org

Par Mammouth Déchaîné • 2004-09-01 02:27:09
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Mercredi 1 septembre 2004
Revue de presse
Dans la Manche

Et ailleurs

Otages en Irak La course contre la montre de la diplomatie http://www.liberation.com/page.php?Article=235431

Délocalisations, Smic, 35 heures... divorce consommé entre le Medef et Matignon. Raffarin le «mauvais ouvrier» répond au grand patron http://www.liberation.com/page.php?Article=235395 Mais quand va-t-il se faire virer?

Seillière s’invite dans le débat à droite http://www.humanite.fr/journal/2004-08-31/2004-08-31-399647

Laïcité, réformes, budget  : les enjeux de la rentrée scolaire http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-377272,0.html

Les évidences de Fillon agacent les enseignants «Dictées, rédactions, récitations» : ces mesures phares sont déjà pratiquées au quotidien dans les collèges. http://www.liberation.fr/page.php?Article=235406 Le pion Fillon n'a fait que copier sur les devoirs du siécle passé!

Le Snes s'attaque à la mobilisation des enseignants, difficile après 2003 http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emploi_040831150629.pgf4b0xs.html

Plus chaud, plus souvent, plus longtemps http://www.humanite.fr/journal/2004-08-31/2004-08-31-399654 L'Huma se préoccupe d'écologie! Diable! Il va pleuvoir!


Par Mammouth Déchaîné • 2004-09-01 02:21:06
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Mercredi 1 septembre 2004
Le dénuement des enfants sans papiers

 ARTICLE PARU DANS L'EDITION du Monde du 01.09.04

Il est inconcevable d'imaginer ces élèves menottés et scotchés à leurs sièges d'avion pendant que leurs camarades étudieraient Eluard ou Du Bellay.

Depuis des années, nous apportons en toute illégalité une aide au séjour d'étrangers sans papiers : nos élèves. Enseignants du lycée Jean-Jaurès (Châtenay-Malabry), personnels d'éducation, parents d'élèves, nous sommes déterminés à continuer.

Le nombre de jeunes scolarisés privés de titre de séjour est bien plus élevé qu'on ne le pense. Sept cas recensés en 2003-2004 sur le seul lycée Jean-Jaurès (1 200 élèves) : on peut estimer, en extrapolant, qu'ils sont plusieurs milliers en France.

Rien ne distinguerait ces élèves de leurs camarades si leurs vies n'étaient gâchées par l'obsession de l'interpellation, la peur d'une expulsion pratiquée dans des conditions souvent honteuses, l'angoisse d'un avenir bouché, privé du droit de poursuivre des études supérieures, de travailler, d'avoir un logement, de bénéficier de la Sécurité sociale, etc. Bref, d'être condamnés au dénuement et aux conditions indignes auxquels sont réduits les sans-papiers.

Pour la plupart, ces garçons et ces filles vivent dans leurs familles ou au moins avec un de leurs parents lui-même titulaire d'un titre de séjour régulier, parfois même de nationalité française. Mais, peu rompus aux subtilités du jargon administratif, égarés par la longueur et la complexité des démarches, mis en demeure de produire des documents impossibles à obtenir, ils se retrouvent exclus des circuits normaux de régularisation, sans papiers, temporairement ou définitivement.

Exemple : nous avons obtenu, en juin 2003, la régularisation d'une élève comorienne (dont le père est français). En attendant de lui établir une carte de séjour d'un an, la préfecture lui a délivré un récépissé provisoire à renouveler tous les trois mois (deux à trois heures de queue à chaque fois). Faute de personnel, son dossier n'a pu être examiné qu'un an plus tard... l'extrait d'acte de naissance de moins de trois mois qui y figurait en juin 2003 n'était plus valable ! Il lui a fallu téléphoner au pays, demander à un ami de faire établir le document puis, la poste comorienne ne fonctionnant pas, qu'il se rende à l'aéroport et prie un voyageur de poster la lettre en arrivant à Paris !

D'autres élèves sans papiers, les plus nombreux, sont des déboutés du regroupement familial. Le regroupement doit être demandé alors que la famille se trouve encore au pays. Mais les conditions (logement, ressources) sont strictes, difficiles à remplir et, au total, les délais se comptent souvent en années. Aussi, les raisons pour lesquelles des parents décident de faire venir leur famille "hors regroupement familial" sont multiples... et légitimes !

Lassés d'attendre un appartement qui ne vient jamais ou ne disposant pas des ressources exigées, certains décident de faire rentrer leurs enfants. La loi française est ainsi faite qu'elle interdit de fait aux plus pauvres ou aux plus précaires de vivre avec leurs enfants !

Certaines situations d'urgence ne laissent pas d'autre choix que de faire venir les enfants en France de façon précipitée, y compris hors des cadres prévus par les textes. C'est le cas de ceux que leurs familles arrachent en catastrophe à des pays ou des régions ravagés par les guerres ou la misère extrême. Ou de ceux que la disparition du membre de la famille qui les élevait au pays laisse livrés à eux-mêmes. Devant l'urgence, les parents font ce que tout le monde ferait : ils sautent dans le premier avion ou demandent à un proche de ramener les enfants... quand bien même ils n'ont pas rempli tous les formulaires et obtenu tous les tampons.

Entrés en France hors du cadre "normal" du regroupement familial, ces jeunes se retrouvent à 18 ans dans des situations dramatiques : scolarisés en France, souvent depuis des années, ils y ont parfois toute leur famille et toutes leurs attaches qu'ils sont menacés de perdre au premier contrôle de police.

Ce ne sont pas des vues de l'esprit. Nous avons obtenu la régularisation de trois élèves cette année. L'une, congolaise, dont les parents étaient en France, avait été placée par sa grand-mère dans un avion militaire français évacuant les ressortissants français en pleine guerre civile. La seconde, dont la mère est régulièrement en France (et a des enfants nés en France et appelés à devenir français), a été exfiltrée d'Angola, en pleins combats, par un ami de la famille. La troisième, haïtienne, vit avec son père (en situation régulière). Sa sœur est réfugiée politique en France. Au pays, le reste de sa famille est "clandestine", comme elle dit, et menacée.

Il a fallu des mois de démarches, des pétitions, des délégations et, pour finir, une campagne médiatique (France-Info, TF1, France 2) pour faire revenir les autorités sur leur refus d'accorder un titre de séjour à ces filles.

On ne peut pas laisser faire. Quand la situation d'un élève sans papiers est connue dans un établissement, le traumatisme est profond et atteint toute la communauté scolaire : les personnels, les élèves et leurs parents. Il est inconcevable d'imaginer nos élèves, nos camarades, les copains de nos enfants, menottés, entravés, bâillonnés et scotchés à leurs sièges d'avion pendant que leurs camarades étudieraient paisiblement Eluard ("J'écris ton nom, Liberté") ou Du Bellay ("France, mère des arts, des armes et des lois") ; et que, sans trembler, on effacerait des listes les noms et les prénoms des bannis.

Il faut agir avec les jeunes eux-mêmes. Qui, s'ils sont associés à des combats justes, renoueront avec des traditions de solidarité, de combat collectif qui leur permettront peut-être, leur vie durant, de faire en sorte que le monde dans lequel ils sont appelés à vivre soit plus fraternel et ouvert à tous.

A l'initiative de collectifs d'enseignants et de parents aux prises avec la situation intolérable de jeunes, de la plupart des syndicats d'enseignants, d'une fédération de parents d'élèves et d'un grand nombre d'associations antiracistes et de défense des droits de l'homme, un réseau baptisé "Education sans frontières" s'est constitué. Nous en sommes, évidemment, partie prenante.

Ajoutons, pour tordre le cou à un certain nombre d'âneries, que ces jeunes sont une vraie richesse pour le pays qui les accueille. Deux de nos élèves avaient été régularisés en 1997 et 1998 avec la mobilisation de leurs enseignants et de leurs camarades allés en délégation en préfecture puis au tribunal. Le premier, alors mauritanien, est aujourd'hui français, père de deux enfants, et cadre technico-commercial dans l'entreprise où il travaille depuis plusieurs années. Le second, malien d'origine et aujourd'hui français, est chef d'équipe dans une entreprise d'électricité et entraîneur d'une équipe de foot de sa ville.

Nous les remercions d'être parmi nous.

Richard Moyon, Armelle Gardien et Fatiha Al Audat sont enseignants au lycée Jean-Jaurès de Châtenay-Malabry et animateurs du collectif "Education sans frontières".




Par Mammouth Déchaîné • 2004-09-01 02:18:38
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